vendredi 29 avril 2011

À mes funérailles.

 

Pas plus tard que hier soir, Kami m’a posé une question, qui en y repensant, m’est apparu comme pertinente… Il était curieux d’entendre ma playlist funéraire… J’étais couché, et je me suis mis à (y) penser, comme à chaque fois que mon cerveau s’éveille alors que je souhaite dormir.
Déjà j’aimerais te confier, un peu, mon rapport à l’enterrement et extrapoler sur celui que j’entretien avec la (ma) mort.

Les enterrements, je n’en ai pas connu beaucoup et c’est tant mieux. Celui qui a imprimé ma mémoire durablement n’est rien de moins que celui de mon père. J’y ai vu l’effondrement, la force, les larmes bien sûr, et la fin.
L’effondrement de ma grand-mère qui en 6 ans avait perdu mari et unique fils. Derrière mes larmes, j’ai vu cette femme pourtant si pleine de vie à peine quelques dizaines de jours plus tôt, s’effondrer et sombrer par la suite dans l’oublie. Pour mieux supporter peut être.
La force de ma mère qui chanta Toulouse de Nougaro, chanson que mon père affectionnait particulièrement. Je me rappellerais indéfiniment ce jour où ma tante m’appris sa mort et une fois arrivé chez moi j’ai, sans réfléchir, écouté un disque des plus belles chansons de Nougaro. Et encore aujourd’hui rien ne me fait sentir plus proche de mon père que d’écouter cet artiste.
La fin alors que mon adolescence avait commencé depuis peu. La fin parce que je réalise, au moins autant de fois que je tente de l’oublier, que depuis ce jour je n’attends rien d’autre que d’y passer à mon tour. Surtout n’y vois pas là une envie de mourir pour autant. Je ne suis pas suicidaire, ce renoncement à la lutte qu’est la vie ne m’attire pas le moins du monde. Je ne cherche pas consciemment à la provoquer, mais je l’attends. Ma perte, à mes yeux ne représente rien. C’est plutôt le désarroi qu’elle pourrait causer qui m’affecte à l’avance. Ou le désarroi que je crois qu’elle causerait ou que j’aimerais qu’elle cause.

C’est peut être cette perte d’estime de soi qui aujourd’hui me place face à mon incapacité à réagir devant l’étiolement de cette même vie. Enfin ça c’est tout autre chose.

La mort est encore une des rares choses qui me questionne face à mon mysticisme, qui en temps normal est inexistant. Mais la mort est cette inconnue qu’on aimerait rencontrer pour pouvoir en parler. N’est on pas titiller par cette sempiternelle question de l’après, si tant est qu’il est possible, plausible qu’il y ait un après. Il y a bien un avant. À mon grand désarroi, pas mal de mes choix dans la playlist qui suivra ont des références religieuses. Chrétiennes ou pas d’ailleurs. Parce que si je n’accorde aucun crédit ni au paradis, ni à l’enfer, il reste une idée qui est plus ou moins séduisante à mes yeux. Celle qui concerne l’âme et la réincarnation…

Si celle qui partage aujourd’hui ma vie veut bien, le moment venu, respecter mes volontés au sujet de mes funérailles, elles pourront peut être se dérouler ainsi.
Si les gens souhaitent se recueillir sur mon cercueil, ils auront la chance d’entendre (je doute qu’ils écoutent vraiment) :

Death of Me
From Mars de Gojira
Wing for Marie (part1)
10000 days (Wings  part 2) de Tool
The Art Of Dying de Gojira

Puis mon cercueil, ira bruler dans le four crématoire et je souhaite que retentisse Highway to hell d’AC/DC

Enfin je souhaite qu’on disperse mes cendres en les jetant à la mer. Qu’importe le lieu précis, une calanque des Goudes fera l’affaire, pas la peine d’aller jusqu’à En-vau. Là s’il reste des gens, ils pourront entendre :

High Hopes de Pink Floyd
Au printemps de quoi rêvais-tu de Jean Ferrat
Quand Take me to the water de Nina Simone raisonnera, il sera temps de jeter mes cendres à la mer.

Puis viendront, pour clôturer mes funérailles :

Como tù de Paco Ibáñez
Embrace the Wolrd
Dawn de Gojira

Rendez vous à mes funérailles ?

 

http://www.megaupload.com/?d=K87BE0L1 

 

Programme musical sous reserve de modification. Playlist non contractuelle.

 

Posté par Me Myself n I à 01:55:00 AM - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur À mes funérailles.

    Rendez-vous avant.
    Cette playlist tue, sans mauvais jeu de mot.

    Posté par Audrey, vendredi 29 avril 2011 à 08:01:15 AM | | Répondre
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